La promesse d’une donation de 150 000 euros tous les 10 ans circule encore, mais elle ne correspond plus aux règles en vigueur. Depuis 2012, l’abattement parent-enfant est de 100 000 euros, renouvelable après 15 ans. Pour transmettre sans mauvaise surprise, il faut aussi tenir compte des autres abattements, des donations antérieures et d’une exonération temporaire liée au logement.
L’essentiel à retenir
Le montant de 150 000 euros renvoie à un ancien régime, pas au plafond actuel entre parent et enfant. Voici les repères pour préparer une transmission et comprendre les mesures en vigueur.
- Abattement parent-enfant : 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelables après quinze ans.
- Ancien délai de dix ans : une étape historique, remplacée par un délai fiscal de quinze ans.
- Dons familiaux d’argent : une exonération temporaire peut financer un logement ou sa rénovation énergétique.
- Projet à 150 000 euros : une réforme évoquée ne modifie pas les règles actuellement applicables.
À retenir : avant de donner, mieux vaut vérifier les abattements déjà consommés et déclarer correctement chaque transfert.
Donation de 150 000 euros tous les 10 ans : une règle qui n’existe plus
Sur le papier, le chiffre paraît simple : 150 000 euros transmis tous les dix ans sans droits à payer. Dans la réalité, il mélange plusieurs étapes de l’histoire fiscale française. En 2026, l’abattement de droit commun entre un parent et un enfant reste fixé à 100 000 euros par donateur et par donataire, avec un délai de renouvellement de quinze ans.
La loi TEPA de 2007, souvent appelée loi Sarkozy sur les donations, avait renforcé les possibilités de transmission. Les règles ont ensuite évolué : le délai de rappel fiscal a d’abord été porté à dix ans, puis à quinze ans en 2012, année où l’abattement parent-enfant a été ramené à 100 000 euros.
Pourquoi le délai de 10 ans entre donations prête à confusion
Le délai de dix ans correspond à une période passée du dispositif, et non à la règle générale actuellement applicable. Une donation antérieure reste prise en compte pour apprécier les abattements disponibles pendant les quinze années qui suivent.
Un exemple aide à s’y retrouver : si un parent donne 30 000 euros à son enfant, il lui reste en principe 70 000 euros d’abattement sur la période de quinze ans. Le renouvellement de l’abattement intervient à l’expiration de ce délai, sous réserve des règles applicables à la date de la nouvelle donation.
Abattement fiscal sur les donations : montants selon le lien familial
Les abattements varient selon la relation entre la personne qui donne et celle qui reçoit. Ils s’appliquent par paire donateur-bénéficiaire : chaque parent dispose ainsi de son propre abattement pour chacun de ses enfants.
Un couple ayant deux enfants peut donc transmettre jusqu’à 400 000 euros sans droits de donation au titre des abattements parent-enfant, à condition que les abattements soient disponibles. Les donations déjà effectuées au cours des quinze années précédentes peuvent réduire cette marge.
| Lien entre donateur et bénéficiaire | Abattement applicable | Repère pratique |
|---|---|---|
| Parent et enfant | 100 000 € | Par parent et par enfant, tous les quinze ans |
| Grand-parent et petit-enfant | 31 865 € | Par grand-parent et par petit-enfant |
| Arrière-grand-parent et arrière-petit-enfant | 5 310 € | Par donateur et par bénéficiaire |
| Frère et sœur | 15 932 € | Abattement soumis aux règles de rappel fiscal |
| Oncle ou tante et neveu ou nièce | 7 967 € | Par donateur et par bénéficiaire |
| Personne en situation de handicap | 159 325 € supplémentaires | Sous réserve des conditions prévues par la loi |
Les conjoints et partenaires de PACS ne bénéficient pas d’un abattement général identique à celui d’un parent qui donne à son enfant. Les donations entre époux ou partenaires relèvent de règles spécifiques : la situation doit être vérifiée avant de retenir un montant.
Les droits de donation au-delà des abattements
Quand la valeur transmise dépasse l’abattement disponible, des droits de donation peuvent être dus sur la part taxable. En ligne directe, le barème est progressif : il commence à 5 % dans les premières tranches et atteint 45 % pour les montants les plus élevés.
Les taux diffèrent selon le lien familial. Entre frères et sœurs, ils atteignent 35 % puis 45 % selon les tranches ; pour une donation à une personne sans lien familial proche, la taxation peut atteindre 60 %. Le montant final dépend donc du lien de parenté, des donations antérieures et de la valeur transmise.
Déclaration de donation et rappel fiscal : les points à vérifier
Déclarer une donation ne signifie pas nécessairement payer un impôt. La formalité permet de porter le don à la connaissance de l’administration et, selon la situation, de dater son enregistrement pour le suivi du délai fiscal. Les modalités peuvent varier selon la nature du don ; les dons manuels doivent notamment être déclarés selon les règles en vigueur.
À partir de 2026, la déclaration des dons concernés s’effectue en principe en ligne depuis l’espace personnel du bénéficiaire sur le site des finances publiques, avec des exceptions possibles. Il est prudent de vérifier la procédure à jour auprès de l’administration ou d’un notaire, notamment pour les situations qui ne peuvent pas être traitées en ligne.
- Conserver les justificatifs : garder la preuve du versement, la date et les informations sur le donateur.
- Vérifier l’historique : recenser les donations consenties au même bénéficiaire pendant les quinze dernières années.
- Déclarer le don : respecter la formalité applicable, même si aucun droit n’est dû.
- Anticiper une succession : demander conseil lorsque plusieurs donations ou héritiers sont concernés.
Le rappel fiscal signifie que les donations antérieures peuvent être prises en compte pour calculer les droits lors d’une nouvelle transmission ou d’une succession, selon les règles applicables. Il ne faut pas le confondre avec le rapport civil des donations, qui sert notamment à préserver l’équilibre entre héritiers. Un notaire peut clarifier ces deux mécanismes avant qu’une transmission ne crée des difficultés familiales.
Donation familiale exonérée pour un logement ou sa rénovation énergétique
Une exonération temporaire peut compléter les abattements classiques pour certains dons familiaux d’argent réalisés entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026. Elle vise notamment l’acquisition d’un logement neuf ou en état futur d’achèvement, ainsi que certains travaux de rénovation énergétique sur une résidence principale, sous conditions.
Le dispositif prévoit une exonération pouvant atteindre 100 000 euros par donateur, dans la limite globale de 300 000 euros reçus par bénéficiaire. Les sommes doivent être utilisées dans les six mois, et le logement doit respecter les conditions de résidence et de conservation prévues par le texte, notamment une occupation en résidence principale pendant cinq ans. Avant tout versement, mieux vaut confirmer l’éligibilité du projet et des travaux auprès des services fiscaux ou d’un notaire.
Cette mesure est distincte de l’abattement parent-enfant : elle peut, si toutes les conditions sont réunies, s’y ajouter. Pour un projet immobilier, l’ordre des opérations compte autant que le montant donné ; une promesse d’achat ou un devis ne suffit pas à garantir l’exonération.
Réforme à 150 000 euros : ce que l’actualité fiscale des donations dit réellement
Le relèvement de l’abattement parent-enfant à 150 000 euros est évoqué dans le débat public, mais il ne doit pas être présenté comme une règle adoptée. Une telle évolution nécessiterait une modification législative ; tant qu’elle n’est pas entrée en vigueur, le plafond applicable reste de 100 000 euros par parent et par enfant.
Les estimations de coût avancées dans le débat politique atteignent plusieurs milliards d’euros par an. Ce type de réforme aurait des effets différents selon les familles : l’écart serait plus sensible pour les patrimoines dépassant déjà l’abattement actuel. La comparaison avec d’autres pays ne suffit pas à mesurer l’impact, car chaque système combine des seuils, des taux et des règles de transmission propres.
Pour suivre l’actualité fiscale des donations, il faut distinguer une proposition, un amendement et une disposition effectivement promulguée. Dans une stratégie de transmission, mieux vaut donc bâtir ses calculs sur le droit en vigueur et traiter toute réforme annoncée comme une éventualité, non comme un avantage acquis.
Questions fréquentes sur la donation de 150 000 euros
Peut-on donner 150 000 euros à son enfant sans payer de droits tous les dix ans ?
Non, ce n’est pas le plafond actuel. Chaque parent dispose d’un abattement de 100 000 euros par enfant, renouvelable après quinze ans, sous réserve des donations antérieures.
La loi Sarkozy sur les donations permet-elle encore un abattement de 150 000 euros ?
La loi TEPA de 2007 a renforcé les possibilités de transmission, mais les règles ont évolué. Depuis 2012, l’abattement parent-enfant de droit commun est de 100 000 euros.
Faut-il déclarer une donation même lorsqu’elle est exonérée ?
Oui, une déclaration peut être obligatoire même si aucun droit n’est à payer. Les modalités dépendent du type de don ; il convient de vérifier la procédure en vigueur sur le site des finances publiques.
L’exonération liée aux travaux énergétiques s’ajoute-t-elle à l’abattement classique ?
Elle peut se cumuler avec les abattements de droit commun si le don, le bénéficiaire, l’usage des fonds et les délais respectent les conditions légales. La situation doit être vérifiée avant le versement.




